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Le bio tire son épingle du jeu durant la crise sanitaire

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Le bio tire son épingle du jeu durant la crise sanitaire 1

La ruée vers les produits de première nécessité des débuts du confinement aurait pu faire craindre un désintérêt pour le bio. Pourtant, cest finalement le contraire qui sest produit, avec un panier moyen de produits bio dont le montant a presque doublé depuis la mi-mars.

La crise sanitaire n’a pas eu raison des produits bio : bien au contraire, l’attrait des Français pour l’agriculture biologique et les circuits courts a considérablement augmenté, et les enseignes spécialisées ont vu leur chiffre d’affaires progresser.

L’engouement des Français pour les circuits courts

Les Français se sont rués sur les pâtes et la farine au début du confinement, sans prêter particulièrement attention à la provenance de ces aliments de base. Si ce phénomène, provoqué par la crainte d’une rupture de la chaîne d’approvisionnement, a pu inquiéter quant au devenir des produits issus de l’agriculture biologique et labellisés AB, l’engouement pour ces derniers n’a pas cessé de croître durant les semaines qui ont suivi.

Selon une étude menée par le cabinet Nielsen, la valeur du panier moyen de produits bio a presque doublé depuis la mi-mars, avec une augmentation de 48 %, passant d’environ 40 € à 59 €. Cet attrait pour les produits bio et les circuits courts a été renforcé par les questionnements des Français sur la globalisation et ses travers, rendus visibles par la crise sanitaire, mais aussi par la volonté de consommer en toute sécurité des aliments sains, dont l’origine est connue et la production contrôlée.

D’autres raisons pratiques viennent s’ajouter à ces explications, comme la part plus importante de produits bio dans le commerce en ligne ou de proximité, sur lesquels les consommateurs se sont rabattus durant le confinement, ou encore le fait que les produits bio souffrent généralement moins de ruptures de stock, ce qui explique mécaniquement la croissance de la part de ces produits dans le panier d’achats. Naturellement, la publicité offerte par les réseaux de groupements solidaires a aussi permis une mise en lumière des producteurs qui jusqu’à présent, peinaient à s’offrir une visibilité.

La croissance des enseignes bio

Les enseignes bio ont également tiré profit de cet engouement, à l’image de Biocoop dont le chiffre d’affaires a progressé de 30 % en avril. Cette enseigne connaissait déjà une croissance de 15 % avant même le début de la crise sanitaire.

La mise en place du « click and collect » s’est étendue à une cinquantaine de magasins de la marque, et la valeur du panier moyen a augmenté malgré une fréquentation en baisse. Le service client biocoop a su accompagner les consommateurs dans ce changement.

À l’heure actuelle, Biocoop détient 50 % de parts de marché des magasins spécialisés dans le bio, ce qui représente 13 % du bio en France. De nombreuses autres enseignes bio ont vu leur chiffre d’affaires augmenter, la plupart appartenant à de grands groupes de distribution.

Enseignes bio et groupes de distribution

Les cinq principales enseignes bio en termes de chiffre d’affaires sont les suivantes : Biocoop, La Vie Claire, Comptoirs de la bio, Biomonde et Naturalia. Biocoop et Biomonde sont des réseaux de magasins indépendants, et ont le statut de sociétés anonymes coopératives.

Les autres enseignes appartiennent à de grands groupes de distribution. Ainsi, Naturalia, créée en 1973 et rachetée en 2008, est aujourd’hui une filiale de Monoprix, qui appartient au groupe Casino. La Vie Claire est majoritairement détenue par la holding Investissement et Développement de Régis Pelen, qui est le fondateur d’une société spécialisée dans les produits bio, Distriborg. Par ailleurs Naxicap, qui est la filiale de capital investissement de Natixis, appartenant au groupe BPCE, est entré au capital de La Vie Claire en 2010.

Enfin, Intermarché possède 16 % du capital du réseau de magasins Les Comptoirs de la Bio.

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