Le président français se rend en Algérie pour relancer les relations avec ce pays 2

Le président français se rend en Algérie pour relancer les relations avec ce pays

Le signal a été donné.

Un groupe d’extrémistes de droite entre en action et bombarde la Citroën DS présidentielle de coups de feu.

Trois des balles pénètrent la carrosserie et passent à quelques centimètres de la tête de De Gaulle, mais lui et sa femme Yvonne s’en sortent miraculeusement indemnes.

“Le héros français de la Seconde Guerre mondiale plaisantera plus tard au sujet de la tentative d’assassinat qui a choqué le pays et donné à De Gaulle l’occasion de renforcer les pouvoirs de sa fonction.

La préoccupation immédiate d’Yvonne est le poulet en gelée qu’elle a dans le coffre de la voiture, ayant fait des provisions de ce mets délicat pendant son séjour dans la capitale.

Une grêle de balles

En cette soirée d’été, alors qu’ils se dirigent à toute allure vers l’aérodrome militaire où ils embarqueront dans l’avion qui les conduira à leur propriété du village de Colombey-les-Deux-Eglises, la voiture présidentielle est encadrée par un véhicule d’escorte et deux motards.

La nuit tombe lorsque le signal provient du cerveau de l’attentat, Jean-Marie Bastien-Thiry, ingénieur au ministère de l’Air avec le grade de lieutenant-colonel.

Bastien-Thiry est membre de l’Organisation armée secrète, connue sous le nom d’OAS, un groupe paramilitaire d’extrême-droite qui s’est attiré les foudres de De Gaulle en décidant d’accorder l’indépendance à l’Algérie après une libération brutale de huit ans.
de libération.

Le commando d’une douzaine de personnes est un mélange de “pieds-noirs” – des Européens nés en Algérie pendant la domination française qui a duré de 1830 à 1962 – ainsi que d’anciens soldats et étudiants. Le plus jeune a tout juste 20 ans.

Ils ouvrent le feu avec une mitrailleuse depuis une camionnette jaune, puis depuis un second véhicule garé plus loin sur la route.

L’attaque ne dure que 45 secondes.

Plus de 150 balles sont tirées et il y a huit impacts sur la carrosserie de la voiture. Une balle traverse le siège passager arrière, brisant la vitre par laquelle le président et sa femme sont douchés par le verre.

Les De Gaulle doivent une fière chandelle au sang-froid de leur chauffeur Francis Marroux, qui était également au volant un an plus tôt lorsque la voiture présidentielle a survécu à une première tentative d’assassinat – attribuée par la suite à
Bastien-Thiry – dans le village de Pont-sur-Seine, au nord-est du pays.

photo de police du colonel jean bastien-thiry

Cette photo d’archive prise le 18 septembre 1962 par la police judiciaire française montre le colonel Jean Bastien-Thiry qui a organisé l’attentat du 22 août 1962 contre le général de Gaulle au Petit-Clamart, au sud de Paris. (Photo de l’AFP)

Marroux parvient à garder le contrôle du véhicule et repart sur deux pneus crevés sous un feu nourri.

Le gendre de De Gaulle, Alain de Boissieu, joue également un rôle clé. Assis à l’avant de la voiture, il crie “Descends, père !” au chef de la France.

Le rasage de près

L’imperturbable De Gaulle, âgé de 71 ans à l’époque, fait d’abord comme si de rien n’était. A son arrivée à l’aéroport militaire de Villacoublay, il passe les troupes en revue comme à l’accoutumée.

Mais en montant dans l’avion avec Yvonne, il avoue à de Boissieu : “Cette fois, il s’en est fallu de peu !”

Jean-Noël Jeanneney, historien français et auteur d’un livre sur l’attentat, estime qu’une combinaison de facteurs explique l’échec de l’attentat de 1962, notamment qu’aucun des protagonistes n’était prêt à mourir pour la cause.

Interviewé par l’AFP en 2012, un survivant de la cellule a mis en cause le brouillage des armes et le manque d’entraînement des tireurs.

“Ce sont de si mauvais tireurs”, déclare De Gaulle au Premier ministre Georges Pompidou lors d’un appel téléphonique le soir de l’attentat.

La nouvelle de la tentative d’assassinat se répand rapidement.

“Attentat manqué contre De Gaulle” écrit l’AFP dans un premier “flash” à 20h55.

Un autre suit : “Des coups de feu ont été tirés peu après 20 heures contre la voiture du général De Gaulle près de Villacoublay. Personne n’a été touché”.

Il apparaîtra plus tard qu’un homme conduisant dans la direction opposée a été touché à la main par une balle perdue mais n’a été que légèrement blessé.

Le cerveau exécuté

La chasse aux coupables est rapide et efficace, l’un des suspects révélant tout sur l’opération après son arrestation.

Presque toutes les personnes impliquées sont arrêtées, y compris Bastien-Thiry. Neuf hommes sont jugés, dont trois sont condamnés à mort.

De Gaulle gracie deux d’entre eux mais refuse la clémence à Bastien-Thiry, qui sera le dernier à être exécuté par un peloton d’exécution en France le 11 mars 1963 à l’âge de 35 ans.

En bon stratège, De Gaulle exploite l’indignation de l’opinion publique à la suite de l’attentat pour obtenir le soutien d’un amendement constitutionnel visant à faire élire le président au suffrage universel plutôt que par un collège électoral.

L’attentat, confie-t-il à l’un de ses ministres, est arrivé “au bon moment”.

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Quentin

Rédacteur en CHEF de id-champagne-ardenne.fr, journaliste depuis plus de 10 ans.

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